Pourquoi rejouons-nous toujours les mêmes scènes ?

Les jeux psychologiques sont ces scénarios relationnels qui se répètent, souvent à notre insu, et qui finissent mal malgré de bonnes intentions. Ils sont au cœur de l’analyse transactionnelle, et les comprendre permet de mieux décoder nos relations.

1. Des scénarios relationnels qui tournent mal

Vous êtes-vous déjà retrouvé dans une situation où tout semblait bien commencer… mais où les échanges ont dérapé, laissant une impression désagréable, voire un malaise ? Vous aviez l’intention d’aider, de dialoguer ou de coopérer… et vous vous retrouvez blessé·e, frustré·e ou en colère.

Ces situations, surtout lorsqu’elles se répètent, peuvent être le signe que vous êtes engagé·e – souvent inconsciemment – dans un jeu psychologique.

2. Qu’est-ce qu’un jeu psychologique ?

Dans l’analyse transactionnelle, Eric Berne définit un jeu psychologique comme une série d’échanges à double fond : les paroles échangées ont un sens apparent, mais un autre message se joue en sous-main.

Le jeu suit un déroulé bien spécifique :

  • Une accroche (ou « appât ») attire l’autre dans une interaction familière.
  • Chacun joue un rôle inconscient.
  • L’échange se termine par un coup de théâtre (conflit, rupture, malaise).
  • Les deux parties repartent avec un sentiment parasite (culpabilité, honte, colère…).

Ce sentiment, appris dans l’enfance, remplace un ressenti authentique que l’on a appris à cacher parce qu’il n’était pas « autorisé » dans notre environnement. On parle alors de « sentiment racket ».

3. D’où viennent ces jeux ? Un héritage de l’enfance

Ces scénarios ont souvent été mis en place très tôt dans la vie, comme une stratégie de survie relationnelle. L’enfant, dépendant des adultes, a trouvé des moyens – parfois détournés – de maintenir le lien, de recevoir de l’attention ou d’éviter le rejet.

Ces comportements deviennent ensuite automatiques à l’âge adulte, même s’ils ne sont plus adaptés, et s’activent dans certaines relations.

Le point commun ? Une quête de reconnaissance. Et comme le dit Berne, mieux vaut souvent une reconnaissance négative… que pas de reconnaissance du tout.

4. Des jeux fréquents et bien rodés

Eric Berne a recensé de nombreux jeux psychologiques, souvent classés par contexte :

  • Jeux de couple : « Regarde ce que tu m’as fait faire », « Sans toi je ne suis rien »
  • Jeux professionnels : « Oui, mais… », « Je suis débordé ! »
  • Jeux sociaux : « Pauvre de moi », « Je voulais juste aider »

Ces jeux suivent tous une même logique : des échanges répétitifs, un enjeu caché, et un dénouement souvent douloureux… mais connu.

5. Le triangle dramatique : un autre regard

Stephen Karpman, élève de Berne, a identifié trois rôles types que nous endossons souvent dans ces jeux :

  • La Victime, qui se sent impuissante ou injustement traitée
  • Le Sauveur, qui veut aider sans qu’on lui ait rien demandé
  • Le Persécuteur, qui critique, dévalorise ou contrôle

Et souvent… on change de rôle en cours de route ! Ce triangle dramatique est au cœur de nombreux conflits relationnels. (Un prochain article lui sera entièrement consacré.)

Conclusion : un pas vers plus de clarté relationnelle

Les jeux psychologiques ne sont pas des manipulations conscientes. Ce sont des mécanismes automatiques, appris très tôt, et rejoués dans nos relations.
Les repérer, c’est déjà commencer à s’en libérer.

🌱 Comprendre ces jeux permet :

  • de mieux se connaître,
  • de sortir des scénarios répétitifs,
  • de retrouver des échanges plus authentiques et nourrissants.

Et vous, quels sont les scénarios que vous avez l’impression de rejouer dans vos relations ?

Si vous souhaitez aller plus loin dans cette prise de conscience et transformer vos modes relationnels, mon accompagnement peut vous y aider.

🌿 N’hésitez pas à me contacter pour en parler : https://lnkd.in/eiie3vca